Le trafic des biens culturels (dont les biens archéologiques mobiliers) est considéré aujourd’hui dans le monde comme le troisième négoce illicite après les armes et la drogue. L’archéologie est une ressource fragile et non renouvelable qu’il convient de protéger. À la fois scientifiques, archéologues et garants du Code du Patrimoine, le rôle des agents du ministère de la Culture dans la lutte contre le pillage archéologique est désormais devenu incontournable. Nous aborderons, à partir d’exemples régionaux emblématiques, les atteintes au patrimoine archéologique et la spoliation de ce bien commun de la Nation. L’État renforce depuis 2022, par la signature d’une convention de collaboration avec la gendarmerie nationale, les actions de lutte contre le pillage archéologique.

communication
Une fête phallique dans le Val de Saône : la tradition des mais
Depuis l’Antiquité, la date du 1er mai a toujours fait l’objet de célébrations les plus diverses. Jusqu’à la fin des années 70, de nombreuses communes du Val de Saône observaient un rituel singulier, celui des « mais », qui honorait les jeunes filles du village. Au terme d’un processus très codifié, les jeunes gens dressaient un énorme charme sur la place publique et déposaient un petit charme, un « mai » , appuyé sur la maison où habitait chaque jeune fille de la commune. Cette fête phallique s’accompagnait de libations…
Jean-Baptiste Eugène Berthot (1800-1878). Une carrière d’ingénieur des ponts et chaussées originale qui l’amena à devenir un maître reconnu de la pisciculture
Jean-Baptiste Eugène Berthot est né à Dijon rue du Vieux Collège, le 26 septembre 1800. Il était le fils du recteur Nicolas Berthot (1776-1849). Eugène Berthot a eu une carrière assez complexe mais digne d’intérêt. Entré major à l’École Polytechnique, il passera par l’École des Ponts et Chaussées et il occupera différents postes dans ce cadre avec toutefois un détachement de quatre ans à la Société Saint-Gobain comme directeur de la glacerie. Ses idées originales ne vont pas toujours dans le sens d’une carrière très officielle… après différents postes classiques pas toujours dans la droite ligne, il souhaite partir à la Guadeloupe après le tremblement de terre du 8 février 1843, où il va pouvoir faire preuve de toutes ses connaissances, elles seront connues grâce au livre » Trois ans à la Guadeloupe » lettres d’Eugène Berthot à son épouse demeurée en France. [ Lire la suite ]
Alain Delon, artisan d’art et entrepreneur dans l’industrie du cinéma
Art et industrie, le cinéma se contente d’aspirer à être l’un et l’autre et Alain Delon a été artiste et financier. Immense acteur, il fut également producteur, metteur en scène et réalisateur par besoin de création. Grâce à son travail, ses qualités et ses dons, « La raison d’être un grand acteur, c’est de pouvoir jouer tous les rôles, tous les personnages en toute indépendance », Alain Delon a joué dans 79 films et sa carrière est faite de rencontres avec des cinéastes qu’il considère comme des maîtres : Yves Allégret, Clément, Visconti, Antonioni, Verneuil, Cavalier, Melville, Losey… [ Lire la suite ]
Taques, cloche et faïences : souvenirs mobiliers de l’Ordre de Malte en Côte-d’Or dans les années 1730
Cette communication présente quelques éléments de la vie de deux chevaliers de Malte, François du Hamel (1663-1736), commandeur des commanderies de La Romagne (21) et de Ruetz (52), et Eustache Bernart d’Avernes (1667-1747), grand prieur de Champagne, commandeur des commanderies de Sainte-Vaubourg (76) et du Mont de Soissons (02). Quelques objets portant leur nom ou leurs armoiries subsistent : des plaques de cheminée, des faïences de Rouen, un plan, ainsi qu’une cloche. [ Lire la suite ]
Crise de la biodiversité et transition agroécologique : le cas du cassis Noir de Bourgogne
L’anthropocène est caractérisé par une double crise climatique et de la biodiversité qui sont étroitement imbriquées. Pourtant l’importance de la crise de la biodiversité et ses impacts sur l’homme a été bien moins médiatisé que la crise climatique, sans doute à cause de mauvaises connaissances et reconnaissance des bienfaits apportés à l’humanité par la biodiversité. Par exemple 70% des plantes cultivées pour notre alimentation dépendent du service écosystémique de pollinisation pour une valeur estimée à 153 milliards de dollars par an. Plus localement nous verrons comment la disparition de 99% des pollinisateurs du cassis « Noir de Bourgogne » a impacté les rendements et le revenu des agriculteurs. [ Lire la suite ]
Soirée répertoire – Raphaël Passaquet : une vie au service de la musique
Personnalité incontournable du monde choral en France, chef de chœur, pédagogue, compositeur et harmonisateur, Raphaël Passaquet (1925-2011) fut également le fondateur et directeur artistique du Centre d’Art Polyphonique de Bourgogne, devenu ensuite Mission Voix Bourgogne. Son œuvre perdure aujourd’hui à la Cité de la Voix à travers le Centre de Documentation pour l’Art Choral, qu’il a imaginé comme un lieu de rencontres et d’échanges, un lieu où chercher, trouver et découvrir du répertoire approprié pour les chœurs. [ Lire la suite ]
L’église Saint-Pierre-ès-Liens de Remilly-en-Montagne
Le sujet du Prix 2024 de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon était intitulé : « Restauration et mise en valeur du patrimoine en Bourgogne ». Le choix du Jury s’est porté sur le dossier de l’église de Remilly-en-Montagne, en raison de la dynamique de la municipalité de cette petite commune qui a entrepris d’importants travaux de restauration après un diagnostic établi en 2021 sous la direction d’un architecte du patrimoine. Lors de la séance solennelle du samedi 26 octobre 2024, Monsieur le Maire de Remilly a reçu ce prix qui l’aidera à poursuivre les travaux de remise en valeur de l’édifice. L’église est citée en 1169, mais sa construction est entreprise au XIIIe siècle et elle a, par la suite, subi des adjonctions, reconstructions et modifications du XVIe siècle à nos jours. Elle abrite un beau mobilier, quelques statues des XVe et XVIe siècles de grande qualité, ainsi que des décors peints, qui vous seront présentés.
De la Forêt d’Othe à l’Académie de médecine : Lucie Randoin (1885-1960) et la physiologie expérimentale de la nutrition
L’œuvre et la personnalité de Lucie Randoin restent méconnues. Longtemps oubliée, au point que la photographie d’une autre illustrait ses notices, la figure de cette biologiste et nutritionniste bourguignonne vient d’apparaître au public avec l’émission d’un timbre-poste à son effigie. En 2023, la Bourgogne a attaché son nom à la première année de médecine instituée à Auxerre par l’Université de Bourgogne, et à la rue principale de son village natal, Bœurs-en-Othe (Yonne), en présence de la présidente de la Délégation sénatoriale aux droits des femmes et de représentantes du CNRS (INSB) et de sociétés scientifiques que L. Randoin avait animées (SSHA, SFBBM), et d’un vice-président de l’Université de Bourgogne. [ Lire la suite ]
Comment devient-on évêque au XIIe siècle, l’exemple de Vilain d’Aigremont, évêque de Langres (vers 1070 – août 1136)
L’étude du recrutement des évêques au Moyen-Âge a connu un essor important depuis les années 1960. L’historiographie des élites ecclésiastiques se divise ainsi en deux branches : l’approche institutionnel et l’environnement social. Une autre piste est à prendre en compte : celle du recrutement du « personnel ecclésiastique », et notamment celles des évêques et de leurs collèges de chanoines. Cela passe par des notices biographiques qui conduisent désormais cette étude vers l’histoire sociale et donc au développement de la prosopographie. Le diocèse de Langres n’échappe évidemment pas à cette tendance. [ Lire la suite ]
Populisme et Démocratie : comment distinguer le style de l’idéologie ?
Que vous l’associez aux leaders charismatiques ou aux mouvements sociaux, à la radicalité ou à la démagogie, à la gauche ou à la droite, vous avez certainement déjà entendu parler du populisme. Mais que se cache-t-il derrière ce concept qui est plus utilisé comme une attaque pour discréditer ses adversaires que comme un marqueur idéologique ? Cette communication fournit une vue d’ensemble sur les débats académiques autour du populisme et les enjeux normatifs qui lui sont associés, offrant une définition accessible inspirée des approches critiques du populisme ainsi qu’une grille de lecture pour identifier le phénomène dans la politique contemporaine. [ Lire la suite ]
Résurrection du château de Soussey-sur-Brionne
Situé entre Pouilly-en-Auxois et Saint-Thibault, le château de Soussey-sur-Brionne, fief détenu anciennement par les seigneurs de Soussey, puis par les Pracontal et les Damas, a fière allure. En 1980, l’actuel propriétaire acquiert ce château, alors occupé par une exploitation agricole depuis le XVIIIe siècle, afin de le relever de son état quasi ruineux. En moins de quatre années, de 1984 à 1987, cette demeure a bénéficié d’importants travaux de reconstruction et de restauration nécessaires portant sur la tour médiévale, l’important logis et les communs, ainsi que sur le colombier. Puis, traversé par la rivière, a été planté un parc à l’anglaise aux essences précieuses, alors qu’un jardin à la française orne la cour intérieure. Cet édifice offre un panorama sur l’évolution d’une demeure seigneuriale, avec une tour -château mentionnée en 1249 et un corps de logis du XVIe siècle, décoré de peintures murales au XVIIe siècle.
Un amour de père : Louis XV et ses filles
L’épouse de Louis XV, Marie LESZCZYNSKA, donne naissance à dix enfants et huit d’entre eux sont des filles : alors que les relations du Roi seront détestables avec le Dauphin Louis-Ferdinand, tant attendu, il établira des rapports constants et affectueux avec ses filles aux caractères différents. Ces dernières seront toujours proches de lui à Versailles, où l’on peut retrouver la trace de leur présence. Deux d’entre elles lui survivront et connaîtront l’exil. On se propose de rechercher les causes profondes de cette affection dont l’histoire de la monarchie offre peu d’exemples et de donner ainsi une autre image d’un souverain si mal connu par les historiens du XIXe siècle et mieux connu par les historiens contemporains comme Michel ANTOINE.
La Neuro-Gastronomie ou le cerveau gourmand
La Bourgogne est une terre de gastronomie reconnue internationalement du fait de son histoire humaine, de sa culture et de ses caractéristiques socio-économiques. C’est dans ce contexte géo-historico-culturel qu’il est intéressant de comprendre les supports neurophysiologiques de l’appréciation des saveurs d’un repas et des sensations de faim et de satiété. Le besoin de manger et de boire est une fonction fondamentale qui fait appel à la fois à des réflexes inconscients mais contrôlés aux deux extrémités du tube digestif (bouche et ampoule rectale) par la conscience et la volonté, contrairement aux fonctionnements des reins et du cœur qui échappent à notre volonté. [ Lire la suite ]
Histoire d’une restauration éclairante, le grand retable de Saint Jean-Baptiste de l’église de Fleurey-sur-Ouche
Le grand retable de l’ancien maître-autel de l’église Saint-Jean-Baptiste de Fleurey-sur-Ouche représente, sans surprise, le Christ et saint Jean-Baptiste au bord du Jourdain. Il est inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 2013. La restauration fondamentale de l’œuvre, menée à l’initiative de l’association Histoire et Patrimoine de Fleurey-sur-Ouche, a permis de comprendre sa composition générale, issue d’un assemblage inattendu lors de son déplacement dans un bas-côté en 1924. Contre toute attente, l’allègement des vernis de la toile centrale a révélé une signature associée à une famille de peintres dijonnais à la fois méconnue et reconnue. [ Lire la suite ]

