La disgrâce des statues

De la Révolution française jusqu’aux mouvements récents, d’un bout à l’autre de la planète, les sociétés n’ont cessé de maltraiter les statues des « grands hommes » que l’histoire leur avait léguées. Ces dégradations dessinent une généalogie de la contestation doublée d’une géographie des passions citoyennes. Dans un ouvrage récemment publié, l’auteur s’interroge sur la place des statues dans l’espace public, les motifs de leur vénération comme de leur rejet, les conflits de mémoire qu’elles engendrent, le large spectre des actions perpétrées contre elles (graffiti, empaquetage, destruction, déboulonnage, transferts, etc), ainsi que sur la dimension symbolique de ce type de vandalisme et les évènements qu’ils suscitent. Ces réflexions invitent à réfléchir sur l’avenir de ces figures d’un passé parfois difficile à repenser.

François ROUSSOT de ZÉLOSKY, capitaine au 27e régiment de dragons

Au terme d’une carrière assez courante durant le Consulat et l’Empire (simple soldat, sous-officier, officier, membre de la Légion d’honneur), François ROUSSOT de ZÉLOSKY, se retire – après le licenciement général de l’armée en 1815 – dans la maison familiale sise rue d’Artois à Auxonne, ville qui l’a vu naître en 1784. La communication qui est proposée ira bien au-delà de la présentation de cette carrière, pour s’intéresser au réseau familial constitué par son père, avocat au Parlement de Bourgogne puis inspecteur des Poudres et Salpêtres, qui l’autorisa, soudainement, en 1784 et 1790, à accorder à ses deux fils des patronymes d’apparence nobiliaire (ZÉLOSKY et WEISSBERG), lesquels, dans l’horizon réduit de la plaine de Saône, interroge par leur « exotisme ». D’autant que l’oncle, frère de l’avocat, Antoine ROUSSOT, fauché en pleine gloire à Eylau (1807), officier dans un régiment étranger au service du roi de France, se faisait appeler « ROUSSOT de LEYVA » depuis 1785 ! Par ailleurs, nous nous pencherons sur sa représentation, dans un portrait peint vers 1815/1820, réapparu sur le marché des objets d’arts en 2018, permettant de sortir de l’anonymat d’un simple état de services un officier qui n’appartenait pas à l’élite militaire du Premier Empire, et qui nous pourrons présenter au regard des auditeurs. [ Lire la suite ]

Une archéologie de papier : approche critique des reconstitutions de l’hôtel des ducs de Bourgogne à Dijon au XIVe siècle

La mairie et le musée des Beaux-Arts de Dijon abritent encore des vestiges conséquents de l’ancien hôtel des ducs de Bourgogne à Dijon : la Tour de Bar, la cuisine, le logis neuf de Philippe le Bon. Mais cet hôtel était en fait beaucoup plus vaste, puisqu’il s’étendait sous l’actuelle Cour de Flore et sous la place de la Libération. À partir des quelques plans anciens, de rares vestiges archéologiques, mais surtout à partir des très riches comptes de construction et de réparation produits par le Baillage de Dijon de 1350 à 1500, Hervé MOUILLEBOUCHE s’est efforcé de reconstituer cet hôtel, son évolution et son occupation. Ce travail, aujourd’hui publié sous la forme de quatre volumes de 600 pages chacun, a été synthétisé en quelques modèles numériques 3D. L’idée de cette communication est de partir de ces modèles, d’en expliquer la genèse et les sources, et de présenter leurs validités et leurs limites.

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« Tosca : Stendhal ou le fantôme de l’opéra »

Contrairement à ce que l’on croit généralement, La Tosca, drame de Victorien Sardou et Tosca, opéra de Giacomo Puccini, ne sont ni de Sardou, ni de Puccini, mais bel (beyle ?) et bien de Stendhal, pillé par ces deux compères qui ont soigneusement dissimilé leur larcin. Tout, absolument tout, dans cette histoire, porte la griffe évidente de Stendhal, tant dans le lieu de l’action (la Ville Eternelle en trois de ses lieux les plus emblématiques célébrés par l’auteur des Promenades dans Rome), que dans les enjeux politiques, érotiques, esthétiques (déclaration d’amour à la liberté, à l’amour, à la peinture et à la musique, les seules raisons de vivre pour Stendhal). Il n’est que temps de rendre les deux Tosca à leur véritable auteur caché.

PRIX DE L’ACADEMIE

En 2024, le Prix de l’Académie est proposé par la Commission des Antiquités et du Patrimoine.

Le thème retenu est : Restauration et mise en valeur du patrimoine en Bourgogne. Le concours est ouvert à des collectivités publiques, des associations ou des particuliers ayant réalisé une restauration et la mise en valeur d’un monument ou d’un ensemble présentant un intérêt historique et/ou artistique. Le sujet est diffusé en février et le jury se prononce en juin. Le Prix est remis lors de la séance solennelle de rentrée de l’Académie en octobre : il consiste en une médaille du type de celle qui fut donnée à Jean-Jacques Rousseau en 1750 et en une dotation de 2 000 €.
Le dossier de candidature comprendra une présentation du site avec étude, plans, documents iconographiques, etc… , sous forme d’un fichier papier et d’un fichier numérique (sur CD ou clé USB) sous Word. Cette présentation sera accompagnée d’une fiche de présentation des auteurs de la réalisation proposée.
Les dossiers de candidature doivent parvenir à l’Académie avant le 15 mai, le cachet de la poste faisant foi, à l’adresse ci-dessous. Il sera délivré un récépissé.

« Balade archéologique au fil de l’Ouche : du prieuré de Larrey à Fleurey-sur-Ouche »

Les origines du peuplement le long de l’Ouche ont pu être questionnées ces dernières années par le biais de l’archéologie préventive. Des fouilles ont, en effet, été menées dans l’ancien hameau de Larrey, aujourd’hui rattaché à Dijon, et dans un quartier de Fleurey-sur-Ouche, situés tous les deux sur la rive droite de l’Ouche. Connues pour être occupées dès l’Antiquité, ces deux agglomérations voient l’installation d’un prieuré bénédictin entre le Xe siècle et le XIe siècle. Les récentes découvertes archéologiques ont permis de documenter les origines de ces deux fondations et d’appréhender leur développement. Si le site médiéval de Larrey concerne principalement l’occupation liée au prieuré, celui de Fleurey-sur-Ouche embrasse une problématique plus large, liée à l’évolution d’un quartier villageois. Ainsi, bien que les deux sites se distinguent par la nature des vestiges archéologiques découverts, le regard porté par l’archéologie préventive permet de mettre en évidence des trajectoires communes dans leur histoire.

 

« La peste, petite histoire d’un grand fléau »

Jadis dans nos églises, les fidèles récitaient une prière : « de la peste, des guerres et des famines, Seigneur, délivrez-nous ! » On n’évoquait donc qu’une seule épidémie, alors qu’il y en avait beaucoup d’autres, mais cela était révélateur de la crainte que cette maladie inspirait. Pourtant, contrairement à une opinion très répandue, l’Europe n’a fait connaissance avec elle que tardivement, au début du Moyen-Âge, avec la peste dite de Justinien. Celle-ci disparait en 767 mais l’épidémie amorcera un retour brutal et meurtrier avec la « peste noire » dans les années 134 : c’est l’hécatombe. Elle quittera l’Europe au XVIIIe siècle.

Des yeux pour comprendre

Pour avoir vécu de 1960 à 2000 les nombreuses aventures de l’électromagnétisme, à la lumière de ses anciennes études théoriques et expérimentales, Michel PAUTY propose de faire le point de l’évolution de quelques méthodes modernes d’aujourd’hui avec, par exemple, l’utilisation des plasmons de surface en biophysique de pointe. Ces derniers sont liés au phénomène de réflexion totale et à l’exploitation de l’onde évanescente entrevue dans ses années d’étudiant et en pleine expansion 60 ans plus tard ! [ Lire la suite ]

« Tosca » en plein cœur, un opéra populaire contemporain »

Créé en 1900 au Teatro COSTANZI de Rome, le nouvel opéra de Giacomo PUCCINI, Tosca, remporte un succès populaire mémorable. L’action se situe dans la Ville éternelle, en juin 1800, occupée par les troupes réactionnaires du pouvoir monarchique, alors en place à Naples, au lendemain de la victoire de BONAPARTE à Marengo. Cruauté, cynisme et amour passionnel sont au programme de cet ouvrage hallucinant de puissance et de fluidité. Cet opéra, sera joué les 12, 14, 16 et 18 mai à l’Auditorium de Dijon, mis en scène par Dominique PITOISET, qui relit le célèbre mélodrame sous l’angle politique, en interrogeant l’omniprésence des régimes totalitaires. [ Lire la suite ]

La prison, zone de non-droit ?

Programme :

Le recours judiciaire contre les conditions de détention indignes : Aurélie CAPPELLO, maitre de conférences de droit privé

Le droit des personnes détenues – focus sur la procédure disciplinaire : Patrick SAUREL, adjoint au chef d’établissement de la maison d’arrêt de Dijon

Le contrôle des mesures individuelles et le contrôle des conditions générales de détention : David ZUPAN, président du tribunal administratif

Plaidoiries des étudiants du Master 2 Droit processuel, faut-il changer la prison ? : Clara LEFEVRE / Bastien CARPENTIER

L’individualisation des peines privatives de liberté : Audrey MATHIAS, vice-présidente en charge de l’application des peines et référente milieu fermé au tribunal judiciaire de Dijon

L’accès au droit et à l’avocat en détention : Maître Lucie RENOUX, avocate

Echanges avec la salle

La Montagne de Saint-Laurent à Mesmont, histoire et archéologie d’un site de hauteur entre Antiquité et Moyen-Âge

Le site de la Montagne de Saint-Laurent se trouve à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Dijon. Il est installé sur une butte-témoin d’environ 13 ha culminant à 557 m. Cette dernière marque considérablement le paysage et offre un large panorama sur les alentours. Si quelques éléments matériels suggèrent une fréquentation du site dès le Néolithique, puis une occupation plus intense au premier âge du Fer et à la fin de la période laténienne, les recherches archéologiques actuelles montrent la mise en œuvre d’un réinvestissement massif du site par de nombreuses constructions à compter du Ve siècle après J.-C., notamment un vaste édifice de plan basilical. Au VIe siècle, l’occupation s’intensifie et plusieurs grands bâtiments maçonnés sont établis sur le plateau. Le site s’apparente alors à une petite agglomération, mentionnée comme lieu de pouvoir par plusieurs sources écrites.

La réparation des dommages de la seconde guerre mondiale

Le second conflit mondial de 1939 à 1945 a causé des dommages matériels, sans parler des pertes humaines, encore plus importants que le premier. En France, il y eut les destructions survenues durant la campagne de France en 1940, puis ceux des combats de la Libération en 1944-1945, mais aussi ceux dus aux bombardements aériens pendant toute la durée de la guerre. Le gouvernement de Vichy a déjà dû se préoccuper d’apporter une aide aux sinistrés en adoptant de nombreuses lois. [ Lire la suite ]

L’odyssée d’une bulle de champagne

En moyenne, ce sont près de dix bouchons de champagne qui sautent chaque seconde à l’échelle du globe ! Et ce chiffre explose bien entendu le jour de la Saint Sylvestre. Depuis quelques années maintenant, le champagne et les vins effervescents au sens large connaissent un essor sans précédent. La valse des bulles dans une flûte n’est pas étrangère à cet incroyable engouement. L’effervescence qui agite votre verre engendre une kyrielle de phénomènes d’une complexité insoupçonnée, qui met en éveil tous vos sens. Je vous propose une vue d’ensemble des processus physicochimiques qui accompagnent une dégustation de champagne, depuis le débouchage de la bouteille, jusqu’à l’éclatement d’une bulle, en passant par le rôle essentiel du verre en dégustation. [ Lire la suite ]

Une œuvre collective de sciences sociales : le « Dictionnaire critique de l’Église »

Prendre la mesure du rôle joué par les institutions porteuses du christianisme dans la genèse de nos manières de faire société est une opération difficile. D’abord parce que le mot « Église » est polysémique, a recouvert des réalités très diverses aux différents moments de son histoire et dans les différents pôles de son développement, et continue à être entendu de façons très contrastées par nos contemporains. Mais également parce que l’ecclésiologie (la science de l’Église) est éminemment sujette à des interférences entre analyse sociohistorique et préférences confessionnelles. Il est donc impératif de clarifier les notions couramment utilisées en ecclésiologie et en sciences sociales du religieux : tel est le but du Dictionnaire critique de l’Église, paru à la rentrée 2023. L’un des trois codirecteurs de l’ouvrage explicitera la méthode adoptée et les résultats obtenus au long de ce qui fut une belle aventure intellectuelle de presque dix ans.

Shakespeare et l’honneur

La loi sur la presse du 29 juillet 1881, contient un article 29 dont l’un des termes, celui d’honneur, n’est pas défini. La fréquence de ce mot dans le théâtre shakespearien permet d’en cerner le sens et d’en faire un inventaire aussi riche que divers selon celui qui l’invoque : l’homme de la rue, le guerrier, le roi, la femme ou le fou. Cet inventaire, qui n’est pas exhaustif, est l’objet du premier chapitre. Le deuxième chapitre est une application de l’atteinte à l’honneur telle que décrite dans la pièce Beaucoup de bruit pour rien (1598) qui présente un cas pratique semblable à ceux proposés à l’étude de la diffamation, non seulement devant une Inn of court de l’époque de la pièce, mais aussi devant le tribunal civil ou pénal qui a à en connaître de nos jours. Bien avant le Sermon sur l’ambition de Bossuet de 1662, Shakespeare en a élaboré une théorie, principalement dans quatre pièces, qui est l’objet du chapitre III. [ Lire la suite ]