Ce char Sherman américain, de type M4 A4, destiné aux armées alliées, aurait dû participer à la libération de la ville de Dijon. Or, le 6 septembre 1944, en tête d’un peloton de cinq autres, il est sévèrement touché sur la route, en direction de celle-ci, à l’est de Meursault. Trois des six hommes de l’équipage y perdent la vie. Comme souvenir de ces hommes et de la réalité des combats, ce char est installé à Dijon, d’abord place du Ier mai, de 1948 à 1958, puis au milieu du Cours-Fleury. L’engin, resté en extérieur, subit les aléas météorologiques depuis plus de 70 ans. Une équipe pluridisciplinaire de restaurateurs spécialistes des objets patrimoniaux métalliques a pu travailler sur les dégradations variées qui devenaient préoccupantes. Ce vestige historique, ainsi restauré, fut mis à l’honneur, le 6 septembre 2024, lors des festivités du 80e anniversaire de la libération de Dijon.

Nommer pour exister ! Le discours sur les « nouveaux vignobles » : un flottement sémantique dans les discours viti-vinicoles en France et en Allemagne
Cette communication à deux voix explore la mise en scène et la médiation des discours œnologiques et gastronomiques autour des « nouveaux vignobles ». À partir d’une approche comparée entre la France et l’Allemagne, elle interroge les relations entre langue, territoire et acteurs du monde vitivinicole. L’expression « nouveaux vignobles », de plus en plus présente dans les médias spécialisés comme dans la presse généraliste, ne relève ni d’un terme défini au sens terminologique strict, ni d’un concept scientifique stabilisé. Loin de désigner une réalité homogène, elle fonctionne comme une formule discursive qui rend compte d’évolutions multiples — climatiques, économiques ou patrimoniales — au sein du paysage viticole européen.
De la Forêt d’Othe à l’Académie de médecine : Lucie Randoin (1885-1960) et la physiologie expérimentale de la nutrition
L’œuvre et la personnalité de Lucie Randoin restent méconnues. Longtemps oubliée, au point que la photographie d’une autre illustrait ses notices, la figure de cette biologiste et nutritionniste bourguignonne vient d’apparaître au public avec l’émission d’un timbre-poste à son effigie. En 2023, la Bourgogne a attaché son nom à la première année de médecine instituée à Auxerre par l’Université de Bourgogne, et à la rue principale de son village natal, Bœurs-en-Othe (Yonne), en présence de la présidente de la Délégation sénatoriale aux droits des femmes et de représentantes du CNRS (INSB) et de sociétés scientifiques que L. Randoin avait animées (SSHA, SFBBM), et d’un vice-président de l’Université de Bourgogne. La conférence proposera, à partir d’archives souvent inédites, une synthèse du colloque tenu à l’Académie nationale de médecine (octobre 2024) et du chantier de recherche en cours sur le parcours institutionnel et les réseaux de cette animatrice et directrice de recherche, sur ses ambitions et stratégies personnelles et collectives en vue de développer la physiologie expérimentale de la nutrition, puis de faire reconnaître un enseignement technique supérieur féminin pour asseoir les sciences de la nutrition dans l’espace public. [ Lire la suite ]
Des rives du Salon à celles de l’Ouche, parcours et carrière du peintre Pierre-Alexandre Jeanniot (Champlitte 1826 – Vesoul 1892)
Natif de Champlitte, Pierre-Alexandre Jeanniot, venu s’installer à Dijon pour faire son droit, se dirige vers une carrière artistique, celle de paysagiste. Après avoir séjourné plusieurs années en Suisse où il reçoit une formation artistique, Jeanniot ouvre à Dijon un atelier et sera nommé professeur, puis directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de la ville. Il deviendra membre résidant de notre Académie en 1880 avant de se retirer à Vesoul, où il termine sa vie. Nous l’accompagnerons dans ce riche parcours à la découverte de son abondante production et particulièrement ses merveilleux paysages, dont certains, traitant de la Bourgogne et de Dijon, sont également de précieux témoignages d’une époque disparue.
Ecrire l’histoire environnementale de la France
La tuile violon, une production locale et originale
Cette tuile décorative et durable a été mise au point au milieu du XIXe siècle par deux Francs-Comtois qui en ont déposé le brevet. Egalement appelée tuile « raquette », « gothique », « ogivale », elle tient son nom le plus usité de sa forme d’étui à violon. La tuile violon offre un revêtement de toiture très spécifique, que l’on retrouve notamment dans l’Est de la France. Avec sa forme assez complexe, elle garantit à la toiture une étanchéité à toute épreuve. Cette tuile a été abondamment imitée, preuve de son efficacité. [ Lire la suite ]
Tradition et modernité dans les monarchies du XXIe siècle
Dix Etats européens sont encore des monarchies désormais constitutionnelles et parlementaires et entendent le demeurer. Cependant elles ont connu des mutations peu spectaculaires mais bien réelles : on y célèbre désormais des mariages d’amour, les reines y sont de plus en plus nombreuses, l’abdication devient la règle et le serment devant le Parlement a remplacé le couronnement, même si les régalia sont toujours symboliquement exposées. Seul le Royaume Uni pratique encore le sacre du couronnement avec les mêmes rites inchangés, en 2023 comme en 1953. Et les empires ne sont plus des monarchies.
Démocratiser l’accès à la sculpture
Le rêve, une machinerie neurologique complexe. Mais pour quoi faire ?
Le rêve fascine avec deux obsessions, l’une concerne les mécanismes qui permettent à notre cerveau d’élaborer des activités oniriques complexes faites d’histoires curieuses, parfois hallucinatoires, devenant de terrifiants cauchemars imposant le réveil, ou proposant d’étranges prémonitions. L’autre est focalisée sur la signification de ces activités mystérieuses. Les progrès de la neurobiologie permettent de mieux appréhender la machinerie capable, au niveau du cerveau, d’initier ces activités. [ Lire la suite ]
Un peintre seurrois, Louis Carbonnel (Seurre 1858 – Dijon 1938)
Louis Carbonnel est un peintre peu connu du grand public et sur lequel la documentation est rare. Les recherches entreprises depuis 1989 ont permis de rassembler un corpus de plus de 380 œuvres. Né à Seurre en Côte d’Or en 1858, une formation multiple offrit à Louis Carbonnel l’occasion d’exercer en parallèle une profession de peintre en bâtiments, décorateur et une activité de peintre de chevalet (paysages à l’huile et au fusain, natures-mortes, portraits). Nous découvrirons l’homme et ses œuvres dans ses spécialités d’artisan et d’artiste et le suivrons en Algérie où il retrouva son ami le peintre Antoine Gadan (Seurre 1854-Bône 1934), puis de nouveau à Seurre où il revint après quelques années, marqué par le mouvement impressionniste. Nous l’accompagnerons au moment de sa retraite à Dijon où il mourut en 1938.
Une personnalité multiple, Jean-Anthelme Brillat-Savarin
La lutte contre le pillage archéologique
Le trafic des biens culturels (dont les biens archéologiques mobiliers) est considéré aujourd’hui dans le monde comme le troisième négoce illicite après les armes et la drogue. L’archéologie est une ressource fragile et non renouvelable qu’il convient de protéger. À la fois scientifiques, archéologues et garants du Code du Patrimoine, le rôle des agents du ministère de la Culture dans la lutte contre le pillage archéologique est désormais devenu incontournable. Nous aborderons, à partir d’exemples régionaux emblématiques, les atteintes au patrimoine archéologique et la spoliation de ce bien commun de la Nation. L’État renforce depuis 2022, par la signature d’une convention de collaboration avec la gendarmerie nationale, les actions de lutte contre le pillage archéologique.
Une fête phallique dans le Val de Saône : la tradition des mais
Depuis l’Antiquité, la date du 1er mai a toujours fait l’objet de célébrations les plus diverses. Jusqu’à la fin des années 70, de nombreuses communes du Val de Saône observaient un rituel singulier, celui des « mais », qui honorait les jeunes filles du village. Au terme d’un processus très codifié, les jeunes gens dressaient un énorme charme sur la place publique et déposaient un petit charme, un « mai » , appuyé sur la maison où habitait chaque jeune fille de la commune. Cette fête phallique s’accompagnait de libations…
Jean-Baptiste Eugène Berthot (1800-1878). Une carrière d’ingénieur des ponts et chaussées originale qui l’amena à devenir un maître reconnu de la pisciculture
Jean-Baptiste Eugène Berthot est né à Dijon rue du Vieux Collège, le 26 septembre 1800. Il était le fils du recteur Nicolas Berthot (1776-1849). Eugène Berthot a eu une carrière assez complexe mais digne d’intérêt. Entré major à l’École Polytechnique, il passera par l’École des Ponts et Chaussées et il occupera différents postes dans ce cadre avec toutefois un détachement de quatre ans à la Société Saint-Gobain comme directeur de la glacerie. Ses idées originales ne vont pas toujours dans le sens d’une carrière très officielle… après différents postes classiques pas toujours dans la droite ligne, il souhaite partir à la Guadeloupe après le tremblement de terre du 8 février 1843, où il va pouvoir faire preuve de toutes ses connaissances, elles seront connues grâce au livre » Trois ans à la Guadeloupe » lettres d’Eugène Berthot à son épouse demeurée en France. [ Lire la suite ]
Alain Delon, artisan d’art et entrepreneur dans l’industrie du cinéma
Art et industrie, le cinéma se contente d’aspirer à être l’un et l’autre et Alain Delon a été artiste et financier. Immense acteur, il fut également producteur, metteur en scène et réalisateur par besoin de création. Grâce à son travail, ses qualités et ses dons, « La raison d’être un grand acteur, c’est de pouvoir jouer tous les rôles, tous les personnages en toute indépendance », Alain Delon a joué dans 79 films et sa carrière est faite de rencontres avec des cinéastes qu’il considère comme des maîtres : Yves Allégret, Clément, Visconti, Antonioni, Verneuil, Cavalier, Melville, Losey… [ Lire la suite ]

