La bulle sur papyrus du pape Jean XV (26 mai 995) provenant de Saint-Bénigne de Dijon : les énigmes d’un puzzle biface fragmentaire

Les bulles pontificales sur papyrus sont rarement parvenues jusqu’à nous, mais la Bibliothèque municipale de Dijon a la chance de posséder deux des trois fragments de l’une d’elles (le troisième fragment est conservé à la Bibliothèque nationale de France). Outre ces fragments, la bibliothèque de Dijon conserve aussi le sceau de plomb (la « bulle » proprement dite) qui était appendu au papyrus. L’acte en question est un privilège accordé le 26 mai 995 par le pape Jean XV en faveur de la réforme monastique engagée vers 990 dans les abbayes Saint-Bénigne de Dijon et Saint-Pierre de Bèze par l’évêque de Langres Brun de Roucy (980–1016), réforme confiée au clunisien Guillaume de Volpiano (ca. 962–1031), promu abbé de ces deux monastères. [ Lire la suite ]

80 ans après, la protection sociale voulue par le général de Gaulle est-elle obsolète ?

La Cour des Comptes comme le Haut Conseil du financement de la protection sociale sonnent l’alerte sur un financement de la Sécurité Sociale, non assuré à terme, sauf mesures vigoureuses de redressement. Dans ces rapports, il est évoqué un risque de cessation de paiement dès 2027. La loi de financement 2026 de la Sécurité Sociale a révélé l’impuissance du Parlement à redresser la trajectoire budgétaire à moyen terme.

Une question s’impose alors : Peut-on encore sauver la Sécurité Sociale ?

Eros et Thanatos : un couple qui habite notre cerveau pour le meilleur et pour le pire

Le merveilleux cycle de la vie est entretenu par le métabolisme qui permet à des molécules, réputées non vivantes, de constituer des organes puis un être vivant. Le passage d’une chose à un être humain se perpétue grâce à la procréation avant que le vieillissement ne l’entraîne dans un passage inverse à travers un sommeil éternel le reconduisant à l’état de chose. La mythologie grecque attribua à Eros, l’initiation du désir et de l’amour menant à la procréation et à Thanatos, l’initiation d’un processus menant au trépas. Sigmund Freud en fit un couple oxymore responsable des pulsions de vie ou de mort. [ Lire la suite ]

Karl-Joseph Riepp, de la gloire internationale à la faillite dijonnaise

Pour les organistes et amateurs d’orgue, Charles-Joseph Riepp, né le 24 janvier 1710 à Eldern près d’Ottobeuren en Souabe, mort à Dijon le 5 mai 1775, est le célèbre constructeur des orgues de la cathédrale de Dijon et de l’église Notre-Dame de Dole. En 1741, il épouse une riche héritière doloise, Anne-Françoise Eve, puis en 1748, naturalisé français, il est admis dans la corporation des « marchands de vins en gros et en détail ». Les affaires d’orgues et le commerce de vins de Bourgogne amènent cet entrepreneur parfaitement bilingue à nouer des relations avec les abbés de Cîteaux et de la puissante abbaye de Salem (près du lac de Constance). [ Lire la suite ]

Le Paléolithique de Côte-d’Or : 150 ans d’archéologie entre explorations d’antan et réexamens récents

Depuis le XIXe siècle, la Côte-d’Or livre de nombreux indices d’occupations préhistoriques grâce aux travaux des premiers érudits locaux, puis de chercheurs, comme l’abbé Joly, Jean Chaline ou Yves Pautrat. Malgré plus de 300 occurrences recensées, les recherches sont longtemps restées incomplètes : documentation ancienne imprécise, manque de spécialistes et faible prise en compte du Paléolithique dans l’archéologie préventive. Cette situation a conduit à l’image d’un territoire peu occupé durant le Paléolithique. Un programme de recherche engagé en 2024 renouvelle aujourd’hui cette vision. [ Lire la suite ]

La « noblesse » du Premier Empire dans le département de la Côte-d’Or. Essai sociologique

Née dans le cours de l’année 1805, l’idée de créer des duchés-fiefs en Italie notamment, réservés à aux plus hauts dignitaires de l’Empire, notamment militaires, ne survécut pas à la disgrâce de Talleyrand. Il fallut attendre l’été 1807 pour que l’institution de « titres héréditaires », plus largement distribués, s’invita comme sujet des discussions que Napoléon initia avec Cambacérès, l’archichancelier de l’Empire. Les intentions initiales de l’Empereur étaient de réserver cette nouvelle institution aux propriétaires et aux membres des Collèges électoraux. Il s’agissait d’instaurer des titres personnels, viagers, dont la transmission héréditaire était conditionnelle. Il revint donc à l’archichancelier d’écrire la « partition juridique » du nouveau système nobiliaire voulut par l’Empereur. [ Lire la suite ]

Le laser à fibre optique : science et technologie de la seconde révolution industrielle du laser

Depuis son invention en 1960, le laser a profondément transformé notre quotidien. Les propriétés uniques – cohérence et directionnalité – de cette source de lumière artificielle en font un outil d’une précision et d’une intensité inégalées. La première révolution industrielle du laser, portée par le laser à semiconducteur, appelé communément diode laser, a engendré la société multimédia : lecteurs optiques, télécommunications, internet à haut débit. Cette miniaturisation du laser l’a rendu omniprésent, discret mais indispensable. Aujourd’hui, une seconde révolution de l’outil laser est en marche, incarnée par le laser à fibre optique. En confinant la lumière dans le cœur d’une fibre de silice dopée aux ions terres rares, cette technologie marie les atouts de la fibre – flexibilité, compacité, et qualité de faisceau – à la puissance du laser. [ Lire la suite ]

Qui êtes-vous vraiment Henri Guillemin (1903-1991) ?

Critique littéraire, historien, professeur de lettres, brillant conférencier, homme des médias de la presse écrite, de la radio et de la télévision, Henri Guillemin a mené toute sa vie un combat pour la vérité et contre l’injustice. Ce Bourguignon, né à Mâcon en 1903, fut élève à l’Éole normale supérieure en 1923 et devint le condisciple de Marc Sangnier. En 1936, après la soutenance de sa thèse de doctorat sur Le Jocelyn de Lamartine, il enseigna à l’Université du Caire, puis, en 1938, à celle de Bordeaux. A la suite de la publication de son livre, Cette affaire infernale. Les philosophes contre JeanJacques, il dut s’expatrier en Suisse. Il vécut à Neufchâtel où il est décédé en 1992. [ Lire la suite ]

Regards sur 400 ans de la Marine

L’État-major de la Marine nationale a voulu que soient célébrés en 2026 les quatre cents ans de l’institution à l’occasion de l’anniversaire de la fondation, en 1626, par le cardinal de Richelieu d’une marine militaire permanente. Jusque-là les rois de France n’avaient disposé de forces navales que de manière intermittente. Bien soutenu par Louis XIII le cardinal établit les bases d’une Marine durable en la dotant d’une administration particulière. Son œuvre fut un peu délaissée lors de la Fronde, mais Colbert, avec l’appui constant de Louis XIV, rétablit et perfectionne cette organisation. Les succès remportés par les escadres récompensent son action. Mais la mort de Colbert puis celle de son fils et successeur Seignelay sont suivies d’un fléchissement. [ Lire la suite ]

De l’ombre à la lumière, histoires des origines et des restaurations de l’église de Saint-Thibault-en-Auxois

Remarquable incarnation du gothique bourguignon, l’église priorale Saint-Thibault est un monument d’ombre et de lumière. L’ombre, c’est celle qui enveloppe tant ses origines que son fonctionnement monastique; les sources, de par leur rareté, interrogent sur la fondation de l’établissement monastique, tant sur la date que sur les motifs. La distorsion entre la splendeur de la construction et la présence en ces lieux d’une humble congrégation érémitique pose question, de même que la présence supposée, mais peu assurée, de reliques de Thibault de Provins, à l’origine d’un pèlerinage curieusement absent des mêmes sources. Quant à la lumière, c’est celle, exceptionnelle, qui inonde un chœur médiéval sauvé de la destruction au XVIIIe siècle; elle marque l’architecture de l’église et son histoire récente, de restaurations en restaurations, depuis les interventions de Caristie, puis celles de Viollet-le-Duc, jusqu’aux travaux menés de 2020 à 2023.

La saga d’un chef-d’œuvre : Don Juan, « l’Opéra des opéras » disait Wagner

« Séducteur insatiable ? Blasphémateur hardi ? Esprit forcené ? Don Juan est tout cela à la fois. La musique éperdue de Mozart le fait funambule, oscillant entre rire et terreur sous nos yeux fébriles. Plus qu’un opéra, Don Giovanni est une expérience. » Tels sont les propos de l’introduction de la présentation de l’opéra Don Giovanni (direction musicale de Katharina Müllner, mise en scène d’Agnès Jaoui) qui sera joué les 19, 21, 23 et 25 avril prochains à l’Auditorium de Dijon. Il est facile de constater que Don Juan est partout. Il est à tout le monde et tout le monde croît le connaître. Qui est-il ? D’où vient-il ? Comment est-il devenu le mythe par excellence du théâtre lyrique ? Nous évoquerons ce soir la saga de ce que Wagner appelait, à juste titre, « l’Opéra des opéras ».

Le protoxyde d’azote : un gaz qui ne prête pas à rire

Le protoxyde d’azote (N2O), gaz incolore, inodore et au goût sucré, est connu du grand public sous le nom de « gaz hilarant ». Il est utilisé depuis le 19ème siècle pour ses propriétés anesthésiques et analgésiques d’où son emploi en médecine à condition d’être mélangé à de l’oxygène car le protoxyde d’azote diminue l’absorption pulmonaire de l’oxygène. Il est utilisé dans l’industrie agroalimentaire comme gaz propulseur (cartouches pour les crèmes fouettées) et dans certains moteurs de compétition. Il peut se décomposer à haute température en libérant de l’oxygène, ce qui explique son pouvoir comburant et explosif s’il est à proximité d’une flamme. Le protoxyde d’azote joie un rôle important dans les enjeux environnementaux car il a un effet de serre 300 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone et il contribue à la destruction de la couche d’ozone. Ses principales sources d’émission sont agricoles, liées aux engrais azotés et à l’élevage intensif. [ Lire la suite ]