Le gothique et le néo-gothique : deux philosophies antithétiques, d’après quelques exemples dijonnais

Le touriste qui s’égare jusqu’à la chapelle de la Chartreuse de Champmol, hors des sentiers battus et balisés qui mènent au Puits de Moïse, est interpellé par le choc du portail de Claus Sluter, chef d’œuvre de la sculpture bourguignonne du quatorzième siècle, plaqué sur un édifice érigé au dix-neuvième, qui se veut son héritier. Et lorsqu’il découvre que l’architecte qui restaure Notre-Dame entre1865 et 1884, n’a pas hésité à démolir la voûte du transept, pour créer une lanterne qui sacrifie beffroi et cloches, ses certitudes sont ébranlées. Enfin, quand il constate, dans la Salle de Pas perdus de la cour d’appel, que Jean-Philippe Suisse crée une rosace, mure les ouvertures, et déplace la chapelle du Saint-Esprit, et il n’est plus du tout persuadé de la réalité de la filiation des deux styles. Plus, il entrevoit leur antagonisme radical, et s’interroge sur sa signification. [ Lire la suite ]

Le Pakistan, un pays à la croisée des chemins

Traversé en 1986 et 1988 à l’occasion de missions en Afghanistan, pays de ma base arrière entre 1994 et 1999, et à nouveau en 2001-2002 alors que je travaillais en Afghanistan, j’ai réellement découvert le Pakistan dans tous ses aspects entre 2015 et 2019 en tant qu’Ambassadeur de l’Union européenne posté à Islamabad. Jeune pays encore mais berceau de l’une des plus anciennes civilisations au monde, la civilisation de l’Indus, le Pakistan fort de ses 210 millions d’habitants connait un développement difficile rythmé par des crises politiques domestiques récurrentes, des tensions régionales voire des guerres avec son voisin indien lui-aussi puissance nucléaire. [ Lire la suite ]

Heurs et malheurs de la chapelle castrale de Pagny

La chapelle castrale de Pagny-le-Château est le premier bâtiment Renaissance édifié en Bourgogne. Malheureusement, cette œuvre d’architecture religieuse remarquable a été, durant la deuxième moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle, dépecée pièce à pièce pour n’offrir, actuellement, qu’un pâle reflet de sa splendeur passée.

Cette première communication porte sur la construction de cette chapelle et sur ses nombreux avatars survenus à partir de la Restauration.

Dans une seconde communication ultérieure, nous aborderons la description du très riche décor intérieur de cet édifice dont, hélas, les pièces maîtresses sont désormais visibles à Philadelphie, aux États-Unis, éléments les plus prestigieux des collections du Philadelphia Museum of Arts et au Musée national de la Renaissance d’Écouen.

Essarois, petit village du Châtillonais-Montagne qui ne veut pas mourir

Les territoires ruraux éloignés de la ville se dépeuplent et s’appauvrissent, au risque d’être oubliés et leur histoire disparaitre…

L’exemple du Pays-Châtillonnais en prenant ESSAROIS, « petit village au cœur du Châtillonnais-Montagne, qui ne veut pas mourir ! » comme fil conducteur tant son histoire, qui remonte à l’époque gallo-romaine, est riche et ancienne : Essarois avait une population de 335 habitants en 1888, il n’en reste plus que 87 aujourd’hui, que s’est-il passé et jusqu’où irons-nous ? Essarois appartenait au canton de Recey sur Ource qui regroupait 17 communes dont la population a varié de 5100 habitants en 1888 à 1947 actuellement. La réorganisation administrative de 2015 a rassemblé les territoires des six anciens cantons du Châtillonnais-Montagne et ceux de la Vallée en un seul, celui de Châtillon sur Seine, et l’on parle alors du Pays-Châtillonnais, qui fera l’objet de la seconde partie de la communication : [ Lire la suite ]

Le Vieillissement dans l’œuvre de HERGÉ

M’étant consacré à l’approche et à l’étude du vieillissement pendant toute ma vie professionnelle, et étant par ailleurs passionné par l’image et la Bande Dessinée, je me suis intéressé à la représentation du vieillissement tel qu’il pouvait être figuré dans une œuvre emblématique comme celle de HERGÉ.

Il est en effet intéressant d’observer comment le vieillissement peut se manifester dans une œuvre destinée en premier à la jeunesse… mais élargie aux jeunes de 7 à 77 ans ! HERGÉ est un maître incontesté de ce qui est considéré comme le 9° Art, et son travail se caractérise par une parfaite représentation de la réalité environnementale.

Je me suis intéressé dans cette étude à recenser d’une part les images dans lesquelles figurent des personnages âgés, mais d’autre part à observer si l’évolution de l’œuvre, qui se déroule sur une cinquantaine d’années, pouvait traduire le vieillissement de son auteur.

Mais cette présentation est surtout l’occasion de revisiter des albums connus de tous et de partager à travers ces images des souvenirs communs et qui ont acquis leurs lettres de noblesse.

Les œuvres d’Émile Goussery (1867-1941) ou la chronique illustrée de l’histoire de Beaune

Émile Goussery est né à Joigny en 1867. Après des études au lycée de Sens, il se rend à Paris pour s’initier à la pratique des Beaux-arts et à l’architecture. En 1887, il obtient le certificat d’aptitude à l’enseignement du dessin dans les collèges et dans les écoles. Il est nommé à Beaune au collège Monge où il fait sa carrière jusqu’à sa retraite en 1930.

Aquarelliste de talent, adoptant une touche délicate et expressive, Émile Goussery représente à la fois des paysages urbains et champêtres. La découverte de Beaune est une révélation pour l’artiste qui la « croque » avec acuité et avidité pendant près de cinquante ans ! Il tombe sous le charme de ses façades moyenâgeuses, de ses remparts et bastions et de toutes les petites et grandes transformations urbaines.

Il s’investit également pleinement dans la vie culturelle et artistique de la ville devenant au fil des années une personnalité incontournable et respectée.

L’église de Lacanche et son décor peint

Une simple chapelle, fondée en 1700 et ruinée en 1820, servait au culte de Lacanche.

Ces conditions déplorables incitèrent Jeanne GROS-CAUMARTIN, maîtresse de forges, à livrer une église « prête à dire messe », le 9 novembre 1840.

Si l’édifice, achevé en 1844, présente un aspect extérieur banal, l’intérieur, quant à lui, réserve deux surprises : un éclairage zénithal, ainsi qu’un décor peint en trompe-l’œil sur la voûte, traitant de la vie du Christ. [ Lire la suite ]

Le régionalisme en littérature

La valeur dominante de la littérature française, c’est l’universalisme. Ce n’est que dans les périodes de crise, ou dans les soubresauts de l’Histoire, que les cultures populaires et les particularismes régionaux sont apparus.

Comment, dès lors, penser l’inspiration régionale ? [ Lire la suite ]

Le déchiffrement de l’écriture hiéroglyphique par Champollion, en suivant sa « Lettre à M. Dacier »

Après une présentation des états de la langue égyptienne et des systèmes permettant de l’écrire nous   verrons les dates clés du déchiffrement. Nous suivrons alors Champollion dans sa « Lettre à Monsieur Dacier » où il présente, pas à pas, le cheminement qui lui a permis de découvrir l’alphabet utilisé par les anciens égyptiens pour écrire les noms étrangers. Nous poursuivrons par sa découverte de la complexité du système et nous terminerons par une brève présentation de ce système.
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La dynastie Carnot et la Côte-d’Or

La famille Carnot fait partie des « dynasties républicaines », ces familles qui ont servi la République sur plusieurs générations. Originaire de Saint-Romain, elle s’établit au 17e s. à Nolay où elle acquit par la suite une charge de notaire. Le plus illustre des Carnot, Lazare, surnommé « Le Grand Carnot » ou « L’Organisateur de la Victoire », est né dans cette ville en 1753. [ Lire la suite ]

La tuberculose bovine en Côte-d’Or : un nouveau défi pour une maladie que l’on croyait ancienne.

La tuberculose est un fléau de l’Humanité partagé avec le monde animal.

Ainsi la tuberculose bovine est une maladie combattue collectivement depuis le 20e siècle pour limiter les risques de transmission à l’Homme et diminuer l’impact de cette maladie chez les bovins. À la différence de la lutte fondée sur la vaccination chez l’Homme, la lutte en santé animale s’appuie d’abord sur le dépistage et l’assainissement des foyers dépistés. Cette lutte menée par l’État pendant plusieurs décennies en partenariat avec les éleveurs, organisés en groupements de défense sanitaire -GDS-, et les vétérinaires, a fini par porter ses fruits. La France, comme la Côte d’Or, ont été reconnues indemnes de tuberculose bovine en 2001. [ Lire la suite ]

Vie et mort du majorat durant le Premier Empire : l’exemple de la Côte-d’Or

En mars 1808, l’Empereur Napoléon, secondé par l’archichancelier de l’Empire, Cambacérès, rétablit les titres, qui peuvent être transmissibles sous certaines conditions, et instaure, par ailleurs, un régime dérogatoire au droit commun de la transmission égalitaire du patrimoine, le majorat. Celui-ci devait répondre, lors sa formation et de sa transmission, à des formalités juridiques et administratives complexes, ressortant de la compétence du tout nouveau Conseil du sceau des titres. [ Lire la suite ]

Le château de Sainte-Colombe-en-Auxois, un passé, un avenir : de Jacques Filsjean à l’« ARCADE design à la campagne »

Il y a quarante ans tout juste, en 1979, l’état préoccupant du château de Sainte-Colombe-en-Auxois (portail à bossage disparu, toitures en passoires, élevage de veaux devant les dernières boiseries du XVIIIe siècle et de lapins sur les planchers à la française…) avait justifié, dans la crainte de sa disparition, l’engagement de recherches dont les résultats furent présentés en 1987 devant l’Académie des Sciences, Arts et Belles Lettres de Dijon (Commission des Antiquités). Elles mettaient en évidence l’originalité de son histoire (construction au milieu du XVIIe siècle par Jacques Filsjean sur un domaine récemment constitué) et la qualité de son architecture. [ Lire la suite ]

Morts pour la France à l’hôpital d’Alise-Sainte-Reine : surprenant oubli, hommage rédempteur

Sans avoir alors connaissance des travaux de Béatrix Pau, l’association Desnoyers-Blondel, constituée depuis 1992 pour servir le patrimoine matériel et immatériel de l’hôpital d’Alise-Sainte-Reine, s’est émue du traitement des dépouilles des soldats qui y décédèrent entre septembre 1914 et septembre 1919. Pourquoi une seule tombe délabrée dans le cimetière de l’hospice ? Combien de soldats pris en charge ? Pour quels maux ? Combien de décès, combien reconnus Morts pour la France ? Que sont devenues leurs dépouilles ? [ Lire la suite ]

Une forme méconnue de l’assistance à Dijon au 18e siècle : les ateliers de charité

La vogue des ateliers de charité traverse la fin du 18e siècle. Consistant à donner un revenu aux plus démunis des habitants d’une ville ou d’une communauté en contrepartie de travaux publics d’intérêt général, ils ont représenté, notamment pour Turgot, un moyen privilégié d’assurer une forme d’assistance aux pauvres valides, évitant le don de secours gratuits supposés encourager la paresse. Dans l’esprit de l’économiste et de ses amis, les ateliers avaient le double intérêt de créer du travail et de permettre théoriquement à tous de faire face à l’augmentation des prix des grains consécutive à la libéralisation introduite dans les années 1760. Dans plusieurs provinces (Champagne, Dauphiné, Limousin…), les ateliers de charité mobilisèrent d’importants moyens et se multiplièrent. Ailleurs (Bretagne, Bourgogne,…), ils restèrent peu utilisés. L’abbé Terray incita dès 1770 les Élus des États de Bourgogne à les mettre en place, mais il ne semble pas avoir été écouté. En 1774-1775, lors de libéralisation du commerce des grains consécutive à l’édit du 13 septembre 1774, Turgot fit de nouveau appel aux Élus qui créèrent plusieurs ateliers dans la province, puis dans sa capitale après l’émeute du 18 avril 1775. Toutefois, nous ne possédons que peu de détails sur le fonctionnement, le coût précis et la durée de ces ateliers, qui ne semblent pas avoir été maintenus au-delà de l’été 1775. [ Lire la suite ]