Sujet mis au concours pour le prix 2019

« Les inégalités dans la société française au 21e siècle »

Conservant la tradition du 18e siècle, originale aujourd’hui, l’Académie distinguera un ouvrage, rédigé en français, inédit ou imprimé.

Le Prix (la « médaille d’or » de l’Académie, à l’identique de celle reçue par Jean-Jacques Rousseau, et une somme de 1500 €)

sera remis publiquement au cours de la séance solennelle

de l’Académie au Palais des Etats de Bourgogne

(Hôtel de Ville de Dijon) en octobre 2019.

Les documents : textes tapuscrits (50 pages au minimum), ouvrages imprimés, rédigés en français, devront être déposés ou envoyés au Secrétariat de l’Académie, à l’adresse indiquée ci-dessous, en 3 exemplaires, avant le 1er juillet 2019.

 

5, rue de l’Ecole-de-Droit   F 21000 DIJON.

Tél. : 03 80 54 22 93. Courriel : contact@academie-sabl-dijon.org

Site : www.academie-sabl-dijon.org

La loi du 17 avril 1919 et la réparation des dommages de guerre

La première guerre mondiale, la « Grande Guerre » a causé des destructions matérielles très importantes en France, d’autant plus visibles qu’elles n’ont touché qu’une partie bien limitée du territoire. Les propriétaires des biens détruits ou endommagés pouvaient-ils recevoir une indemnité ? Le plus souvent, au cours de l’histoire, ces victimes ne pouvaient compter que sur elles-mêmes pour réparer leurs dommages ou bénéficier d’une aide qui relevait de l’entraide ou de la charité. Par une loi du 26 décembre 1914 le Parlement reconnait un droit à réparation et annonce une loi spéciale à ce sujet. L’élaboration de celle-ci a été longue, depuis un projet déposé en mai 1915 jusqu’à l’adoption de la grande loi du 17 avril 1919, appelée « charte des sinistrés ». Ce texte énonce des règles d’une technique fort complexe et d’autres lois sont venues le compléter sur des points particuliers. L’application de cette législation a donné lieu à une jurisprudence des tribunaux et commissions institués pour cela.

Le changement climatique : ce qu’on sait, ce qu’on ignore, ce qu’on observe ce qu’on prévoit

La conférence commencera par présenter le changement climatique à partir des résultats obtenus par le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) à l’échelle globale. Puis, dans un deuxième temps, elle se recentrera sur le territoire de la région Bourgogne-Franche-Comté, en illustrant les recherches menées à Dijon sur l’évolution du climat régional et de l’environnement (évolution des précipitations et des températures mesurées localement, régionalisation des projections climatiques pour la fin du siècle sur notre territoire, et conséquences sur l’hydrologie et la ressource en eau).

Le comte de Vergennes (1719-1787) et le baron de Besenval : un ministre aux prises avec la calomnie

Né le 29 décembre 1719 à Dijon, le diplomate Charles Gravier de Vergennes, de modeste extraction, fut à la surprise générale appelé par le jeune Louis XVI au poste envié de ministre des Affaires étrangères (1774). Le roi lui conserva toute sa confiance jusqu’au bout et fut vivement affecté par son décès en 1787: « Je perds le seul ami sur lequel je pouvais compter, le seul ministre qui ne me trompa jamais. » [ Lire la suite ]

Les célébrations 2020 ont dix ans

Faut-il célébrer les Célébrations ?

Depuis 2011, l’Académie de Dijon publie chaque année un volume des Célébrations de Bourgogne.

À côté des célébrités qu’on ne peut évidemment ignorer, les auteurs se sont efforcé de sortir de l’oubli des femmes et des hommes qui furent humbles ou éminents en leur temps mais qui ont tous fécondé notre région de leurs actions et de leurs ouvrages. Les articles, rédigés par les membres de l’Académie et des Sociétés savantes de Bourgogne, commémorent aussi des événements ou des faits marquants qui tissent l’histoire de la province, font la trame des jours et le cadre de la vie de nos ancêtres. Le résultat est impressionnant : plus de douze cents pages, près de mille contributions, autant de thèmes et de sujets abordés. [ Lire la suite ]

L’apport de l’iconographie et de l’épigraphie dans le processus de commémoration de la mémoire : le cas des monuments funéraires gallo-romains de la cité des Lingons

Cette présente conférence est tirée d’un travail de doctorat, soutenu le 25 juin 2018 à Dijon. Si ce dernier portait sur trois territoires antiques – ceux des Lingons, des Éduens et des Séquanes, c’est principalement le premier qui nous intéressera ici. La problématique de ce travail visait à analyser les modes d’évocation des défunts afin de mieux cerner leurs choix en matière de commémoration de la mémoire. À l’époque romaine, c’est à la fois par les éléments sculptés et les épitaphes gravées sur les tombeaux que le souvenir du défunt était transmis. L’analyse conjointe de l’épigraphie et de l’iconographie des monuments funéraires permet de mieux cerner les choix funèbres des populations de Gaule romaine et ainsi de percevoir de manière plus précise le quotidien de ces individus. Nous traiterons ici cette problématique à travers le territoire lingon et plus particulièrement les monuments de l’antique Divio.

 

La mort change Une histoire, des réponses

Les mutations des mœurs et des mentalités :

L’Occident est passé des fosses communes aux monuments funéraires, des morts pieuses et magnifiées en cérémonie publique aux « fins de vie » anesthésiées et cantonnées à l’hôpital. La guerre et le duel furent célébrés. Le suicide fut glorifié dans l’Antiquité, criminalisé au Moyen Age et stigmatisé par l’Église, avant d’être pleuré. [ Lire la suite ]

Du principe de précaution au dialogue environnemental ou comment vivre dans une démocratie collaborative

Le principe de précaution est apparu officiellement en 1992 au sommet de Rio.  Sa déclinaison en France exige que des mesures soient prises dès lors qu’il existe des raisons suffisantes de croire qu’une activité ou un produit risque de causer des dommages graves et irréversibles à la santé ou à l’environnement. Le déploiement du principe de précaution se veut ainsi complémentaire de la prudence et de la prévention.

Progressivement, la perception des droits et des devoirs vis-à-vis de l’environnement évolue, jusqu’à la proposition  aujourd’hui d’ajouter la préservation de l’environnement dans les principes de la République à l’article 1 de la constitution. [ Lire la suite ]

Le gothique et le néo-gothique : deux philosophies antithétiques, d’après quelques exemples dijonnais

Le touriste qui s’égare jusqu’à la chapelle de la Chartreuse de Champmol, hors des sentiers battus et balisés qui mènent au Puits de Moïse, est interpellé par le choc du portail de Claus Sluter, chef d’œuvre de la sculpture bourguignonne du quatorzième siècle, plaqué sur un édifice érigé au dix-neuvième, qui se veut son héritier. Et lorsqu’il découvre que l’architecte qui restaure Notre-Dame entre1865 et 1884, n’a pas hésité à démolir la voûte du transept, pour créer une lanterne qui sacrifie beffroi et cloches, ses certitudes sont ébranlées. Enfin, quand il constate, dans la Salle de Pas perdus de la cour d’appel, que Jean-Philippe Suisse crée une rosace, mure les ouvertures, et déplace la chapelle du Saint-Esprit, et il n’est plus du tout persuadé de la réalité de la filiation des deux styles. Plus, il entrevoit leur antagonisme radical, et s’interroge sur sa signification. [ Lire la suite ]

Le Pakistan, un pays à la croisée des chemins

Traversé en 1986 et 1988 à l’occasion de missions en Afghanistan, pays de ma base arrière entre 1994 et 1999, et à nouveau en 2001-2002 alors que je travaillais en Afghanistan, j’ai réellement découvert le Pakistan dans tous ses aspects entre 2015 et 2019 en tant qu’Ambassadeur de l’Union européenne posté à Islamabad. Jeune pays encore mais berceau de l’une des plus anciennes civilisations au monde, la civilisation de l’Indus, le Pakistan fort de ses 210 millions d’habitants connait un développement difficile rythmé par des crises politiques domestiques récurrentes, des tensions régionales voire des guerres avec son voisin indien lui-aussi puissance nucléaire. [ Lire la suite ]

Heurs et malheurs de la chapelle castrale de Pagny

La chapelle castrale de Pagny-le-Château est le premier bâtiment Renaissance édifié en Bourgogne. Malheureusement, cette œuvre d’architecture religieuse remarquable a été, durant la deuxième moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle, dépecée pièce à pièce pour n’offrir, actuellement, qu’un pâle reflet de sa splendeur passée.

Cette première communication porte sur la construction de cette chapelle et sur ses nombreux avatars survenus à partir de la Restauration.

Dans une seconde communication ultérieure, nous aborderons la description du très riche décor intérieur de cet édifice dont, hélas, les pièces maîtresses sont désormais visibles à Philadelphie, aux États-Unis, éléments les plus prestigieux des collections du Philadelphia Museum of Arts et au Musée national de la Renaissance d’Écouen.

Essarois, petit village du Châtillonais-Montagne qui ne veut pas mourir

Les territoires ruraux éloignés de la ville se dépeuplent et s’appauvrissent, au risque d’être oubliés et leur histoire disparaitre…

L’exemple du Pays-Châtillonnais en prenant ESSAROIS, « petit village au cœur du Châtillonnais-Montagne, qui ne veut pas mourir ! » comme fil conducteur tant son histoire, qui remonte à l’époque gallo-romaine, est riche et ancienne : Essarois avait une population de 335 habitants en 1888, il n’en reste plus que 87 aujourd’hui, que s’est-il passé et jusqu’où irons-nous ? Essarois appartenait au canton de Recey sur Ource qui regroupait 17 communes dont la population a varié de 5100 habitants en 1888 à 1947 actuellement. La réorganisation administrative de 2015 a rassemblé les territoires des six anciens cantons du Châtillonnais-Montagne et ceux de la Vallée en un seul, celui de Châtillon sur Seine, et l’on parle alors du Pays-Châtillonnais, qui fera l’objet de la seconde partie de la communication : [ Lire la suite ]

Le Vieillissement dans l’œuvre de HERGÉ

M’étant consacré à l’approche et à l’étude du vieillissement pendant toute ma vie professionnelle, et étant par ailleurs passionné par l’image et la Bande Dessinée, je me suis intéressé à la représentation du vieillissement tel qu’il pouvait être figuré dans une œuvre emblématique comme celle de HERGÉ.

Il est en effet intéressant d’observer comment le vieillissement peut se manifester dans une œuvre destinée en premier à la jeunesse… mais élargie aux jeunes de 7 à 77 ans ! HERGÉ est un maître incontesté de ce qui est considéré comme le 9° Art, et son travail se caractérise par une parfaite représentation de la réalité environnementale.

Je me suis intéressé dans cette étude à recenser d’une part les images dans lesquelles figurent des personnages âgés, mais d’autre part à observer si l’évolution de l’œuvre, qui se déroule sur une cinquantaine d’années, pouvait traduire le vieillissement de son auteur.

Mais cette présentation est surtout l’occasion de revisiter des albums connus de tous et de partager à travers ces images des souvenirs communs et qui ont acquis leurs lettres de noblesse.

Les œuvres d’Émile Goussery (1867-1941) ou la chronique illustrée de l’histoire de Beaune

Émile Goussery est né à Joigny en 1867. Après des études au lycée de Sens, il se rend à Paris pour s’initier à la pratique des Beaux-arts et à l’architecture. En 1887, il obtient le certificat d’aptitude à l’enseignement du dessin dans les collèges et dans les écoles. Il est nommé à Beaune au collège Monge où il fait sa carrière jusqu’à sa retraite en 1930.

Aquarelliste de talent, adoptant une touche délicate et expressive, Émile Goussery représente à la fois des paysages urbains et champêtres. La découverte de Beaune est une révélation pour l’artiste qui la « croque » avec acuité et avidité pendant près de cinquante ans ! Il tombe sous le charme de ses façades moyenâgeuses, de ses remparts et bastions et de toutes les petites et grandes transformations urbaines.

Il s’investit également pleinement dans la vie culturelle et artistique de la ville devenant au fil des années une personnalité incontournable et respectée.

L’église de Lacanche et son décor peint

Une simple chapelle, fondée en 1700 et ruinée en 1820, servait au culte de Lacanche.

Ces conditions déplorables incitèrent Jeanne GROS-CAUMARTIN, maîtresse de forges, à livrer une église « prête à dire messe », le 9 novembre 1840.

Si l’édifice, achevé en 1844, présente un aspect extérieur banal, l’intérieur, quant à lui, réserve deux surprises : un éclairage zénithal, ainsi qu’un décor peint en trompe-l’œil sur la voûte, traitant de la vie du Christ. [ Lire la suite ]