Les autels et les chapelles disparus de l’église Notre-Dame de Dijon

L’étude de l’église Notre-Dame de Dijon réserve la surprise de découvrir que sa nef abritait une multitude d’autels et de chapelles, adossés notamment aux douze piliers.

Presque tous démolis au cours des siècles, ils n’ont, pour la plupart, pas laissé de traces et nous ignorons leur emplacement exact, mais ils sont signalés dans les archives de la Paroisse.

Et ils sont inséparables de l’institution des confréries et du culte des saints patrons des marchands qui furent sans doute les commanditaires de la construction de l’église, comme l’a brillamment montré Denise Borlée, Maître de conférences à l’Université de Strasbourg, lors du colloque scientifique du Huitième centenaire de l’édifice et dans l’ouvrage intitulé « Notre-Dame de Dijon. Huit siècles d’Histoire(s) (1220-2020) ». [ Lire la suite ]

Jules « le Barbey », le dernier sabotier du Val de Saône

Jusqu’au milieu des années soixante-dix, j’ai encore connu quelques personnes âgées portant des sabots.

Le dernier sabotier professionnel du Val de Saône, Jules, dit « le Barbey », avait selon l’expression consacrée « de l’or dans les mains ». Il apparaissait à ses interlocuteurs qui l’écoutaient raconter ses frasques de jeunesse de toutes leurs oreilles comme un être supérieur aux autres, un génie qui faisait prendre au bois les formes qui lui plaisaient.

Découvertes d’André-Marie AMPÈRE

La publication d’Œrsted (1777 – 1851) de juin 1820 ne contient aucune explication satisfaisante ou formulation mathématique du fait qu’un fil parcouru par un courant électrique fait dévier l’aiguille d’une boussole placée à proximité.

Cette publication enflamme toute la communauté scientifique et André-Marie Ampère (1775-1836) va présenter l’interprétation de l’expérience d’Oersted avec la publication : « De l’action exercée par un courant électrique par un autre courant (découverte de l’électrodynamique) ».

D’autres savants se pencheront sur l’expérience d’Œrsted comme Biot, Arago ou Faraday par exemple. [ Lire la suite ]

« Quelques historiettes en trio » avec le sieur Gaulard, gentilhomme de la Franche-Comté bourguignotte, Nasreddin, Hodja de Turquie et Bécassine native de Clocher-les-Bécasses

Au cours des années 1580, la peste frappait à plusieurs reprises la ville de Dijon et ses habitants étaient très abattus. Pour chasser quelque peu les miasmes de la peste Étienne Tabourot publia plus de 230 historiettes plaisantes racontant la vie du sieur Gaulard, gentilhomme de la Franche-Comté bourguignotte. Nous en avons extrait une dizaine et en particulier celle où apparaît Guillaume Postel qui, revenu de Turquie, passa par Besançon et Dijon notamment au Collège des Martins. A partir donc d’une de ces historiettes nous vous invitons à partir pour la Turquie, et d’y rencontrer Nasr Eddin, le hodja, et quelques-unes des « Sublimes paroles et idioties » qui permettent de découvrir une petite partie des 500 historiettes.  Pour finir de nous divertir en ce temps où sévissent de multiples formes de virus, nous proposons de revenir en France à Clocher-les-Bécasses pour partager quand même un temps de réjouissances voisin du mardi gras avec quelques historiettes liées à Bécassine en général dans la quatrième de couverture de la Semaine de Suzette.  Ces 99 historiettes bien oubliées ont fait l’objet à partir de 2005 de l’édition complète en trois tomes chez Gautier Languereau (groupe Hachette). La conclusion évoquera les menées de l’âne dont celle de Dijon qui se faisait à Carême entrant.

Épis de faîtage et girouettes à Dijon. Retour sur l’essai d’Étienne Metman paru en 1889

Dans le préambule de son important ouvrage intitulé « Essais sur les épis et les girouettes de l’ancien Dijon », paru dans les Mémoires de la Commission des Antiquités de la Côte-d’Or en 1889, Etienne Metmann constate que « Dijon, la ville aux beaux clochers, devait être aussi la ville aux belles girouettes ; elle en conserve encore de forts remarquables ; mais le nombre en diminue rapidement. Il faut se hâter d’étudier celles qui ont survécu, avant qu’elles ne viennent à disparaître à leur tour ».

Sur 31 girouettes relevées et dessinées en 1867, 15 seulement subsistaient en 1888. Qu’en est-il l’heure actuelle ? [ Lire la suite ]

Les fontaines de vin en Bourgogne et ailleurs

Le point de départ de cette communication est une visite de deux petits-fils du Roi Soleil Louis XIV en Bourgogne et leur séjour à Beaune en avril 1701. Ces précurseurs de l’œnotourisme ont une sensibilité particulière pour le bourgogne, un petit détour à Volnay en fait preuve. Suivons donc les détails de ce voyage bien documenté, dont Le Mercure Galant dépeint avec précision les décorations sur le thème bacchique, notamment les fontaines de vin. Or, ces descriptions nous donnent l’une des premières mentions du cru de Meursault.

Pourquoi en cette occasion, et pourquoi ce vin doit-il couler d’une fontaine à vin ? Pour comprendre ce qui se passe en 1701 de Mâcon à Auxerre, en passant par Beaune, Dijon et même Talant, cette communication vous invite à suivre ce phénomène peu étudié́ : les fontaines de vin à travers l’histoire. [ Lire la suite ]

Études de la biodiversité marine des Terres australes françaises et d’Antarctique, enjeux scientifiques et limites

L’éloignement et l’isolement géographique, la fréquence de conditions climatiques difficiles, la multiplicité des contraintes logistiques et financières sont autant de facteurs qui font de la recherche scientifique dans l’océan Austral une véritable gageure. Pourtant, l’Antarctique et les Terres australes hébergent une biodiversité unique dont l’étude passionne de nombreux scientifiques car elle est souvent éclairante pour mieux comprendre le vivant et son évolution. C’est notamment le cas des Terres australes françaises, territoires de la République perdus aux confins des océans Indien et Antarctique qui possèdent un patrimoine naturel exceptionnel, récemment classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Pourquoi et comment, alors, mener des recherches scientifiques de qualité en ces territoires difficilement accessibles ? Cette question se pose tout particulièrement pour l’étude des environnements marins côtiers, qui a l’isolement géographique et aux conditions climatiques difficiles, ajoutent la contrainte de devoir mener les recherches en plongée sous-marine dans les eaux froides et agitées des cinquantièmes hurlants. Ces territoires occupent une position unique pour étudier l’effet des changements globaux sur une biodiversité encore mal connue et sur des environnements marins à forts enjeux de conservation qui suscitent aussi de nombreux intérêts d’ordre économique.

De Baudelaire à la cité des ducs : Flâneries Poétiques en terre Bourguignonne

La poésie a toujours été présente en Bourgogne et c’est ainsi que la ville de Dijon peut s’enorgueillir des poètes qui l’ont chantée comme Étienne Tabourot, dit « Tabourot des Accords », Bernard de La Monnoye, Aimé et Alexis Piron Aloysius Bertrand (dont la poésie en prose a inspiré Baudelaire), Antoinette Quarré, ou encore le poète Stephen Liégeard. Chacun a su apporter ses vers à l’édifice de la culture et nombreux furent bercés par leur maître en poésie. Certains poètes bourguignons ou Dijonnais moins connus ont su s’extasier au fil des siècles sur les diverses beautés de notre région afin de déclamer leur amour comme Jean Changenet lorsqu’en 1651 on rajoute à notre Jacquemart une autre figurine dite « la jacqueline » et que les poètes de l’époque s’emparent de cet événement.

Alors, rendons leur hommage en déclamant les vers de ces poètes qui ont su nous enchanter, nous faire rêver par leur hardiesse, la maîtrise de la langue française jusqu’à ce jour, aux portes de la future cité de la gastronomie.

Sur les pas d’un père : Jacques Chevignard, de Dijon à Dachau (1939-1945)

Né en 1917 dans un milieu imprégné de la spiritualité de sa tante Elisabeth de la Trinité (1880-1906), Jacques Chevignard eut une jeunesse marquée par une succession de deuils et de revers de fortune. La « Drôle de guerre » le mena d’Écoles militaires en Ligne Maginot, puis en camps de prisonniers jusqu’au fin fond de la Prusse Orientale. C’est là qu’il obtint avec d’autres d’être libéré en avril 1944 pour encadrer à Kassel les Chantiers de jeunesse en Allemagne sous un régime de semi-liberté de plus en plus funambulesque.  Une dénonciation mit fin à ces occupations : le réseau de résistance franco-allemand auquel il participait fut démantelé, et ce fut la descente aux enfers… Prison, puis camps de Breitenau, Buchenwald et, au bout de trois semaines à bord d’un train de la mort, Dachau et le typhus… Son retour en France en juillet 1945 lui révéla une patrie méconnaissable au sein de laquelle il allait lui falloir retrouver ses marques.

Histoire de la Phénylcétonurie, ou Comment est né le dépistage systématique néonatal

Afin d’instaurer un traitement précoce et ainsi d’éviter de lourdes séquelles, le dépistage systématique néonatal permet actuellement de diagnostiquer dès la naissance 7 maladies lourdement handicapantes.

Identifiée en 1934, la phénylcétonurie a été la première maladie métabolique décrite et son histoire est intimement mêlée à celle du dépistage néonatal.

Grâce à l’apport de la biologie moléculaire, de nombreuses pathologies pourraient intégrer ce programme de dépistage, mais d’autres impératifs que techniques sont à prendre en considération.

Traces inédites de la langue gauloise en Bourgogne

« Le gaulois disparut à peu près totalement de la Gaule au IVe siècle. Il a laissé un petit nombre de mots surtout ruraux » (Maurice Grevisse).

Même si on ne remet pas globalement en cause le point de vue du grand grammairien belge, on doit dire que la présence celtique est plus importante que ce que l’on croit généralement. Nous nous limiterons aux formes qui apparaissent uniquement (ou presque) en Bourgogne. Si l’on ajoute quelques formes obscures (ou considérées comme telles) et les noms de lieux, on arrive quand même à un bon bilan, en tout cas à un bilan bien supérieur à ce que l’on pense généralement et environ 500 mots ont pu être recensés.

On ne parlera donc pas des moutons, des chemins, des guérets ou des jachères, mots gaulois, trop bien connus, mais vous découvrirez les amboutées, les boutains, les daraises, les sombres et bien d’autres, sans compter les r[h]apsodies. Et on pourra aussi aborder les formes attribuées abusivement au gaulois, comme les dhuis de la Côte-d’Or.

Pavane pour une école défunte

L’édition 2021 du baccalauréat révèle un taux de réussite de 93%. La moitié des élèves entrant en 6e ne maîtrise pas la lecture. Ces chiffres officiels communiqués par le ministère de l’Éducation nationale ont provoqué mon ire, d’où l’idée de consacrer mon discours de réception à la déliquescence de notre système scolaire et de le mettre sous le titre volontairement provocateur : « Pavane pour une école défunte ». Chemin faisant, c‘est une remise en question de notre société qui se trouve abordée.

 

Célébration des cent ans de l’ « Ours blanc » du sculpteur sédélocien François Pompon (1855-1933)

Natif de Saulieu, François Pompon, à l’âge de quinze ans, monte à Dijon, puis à Paris, pour se former au métier de tailleur de pierre, tout en suivant un enseignement artistique. En 1879, il expose pour la première fois au Salon des Artistes Français des portraits en buste qui le font remarquer. Praticien chez Auguste Rodin de 1890 à 1895, dont il devient le chef de son atelier, puis chez René de Saint-Marceaux, l’artiste décide, en 1906, d’abandonner la figure humaine pour se consacrer à la représentation animale.

Il observe les animaux domestiques, les animaux de la ferme et de la forêt, l’été à la campagne, et les animaux exotiques, le reste de l’année, au Jardin des Plantes. Il les traduit dans un style bien à lui, éliminant l’accessoire et le détail pour mieux traduire le volume et le mouvement. François Pompon présente régulièrement au Salon, sans trop de succès, ses « bestioles sans plumes, ni poils », jusqu’à ce qu’il décide d’agrandir son Ours blanc en grandeur naturelle pour le présenter au Salon d’Automne du 1er novembre au 17 décembre 2022. [ Lire la suite ]