LES CÉLÉBRATIONS DE BOURGOGNE

-1817 ● Naissance de Pierre Hippolyte Limet, industriel

Né à Paris le 27 octobre 1817 d’un père boulanger, Pierre Hippolyte Limet a intégré en 1836 l’École centrale des arts et manufactures et s’y est spécialisé dans la métallurgie. Il en est sorti en 1839 avant la fin des études avec le titre d’ingénieur civil. Remarqué par son aîné Michel Alcan, il est devenu son associé et, avec lui, a pris d’abord des brevets dans la domaine du textile, puis d’autres sur la trempe et le recuit en perfectionnant la fabrication des limes, spécialité où il prendra ensuite seul d’autres brevets dont un sur un procédé original de trempe dans un bain de plomb en fusion.

D’abord installé avec son entreprise à Saint-Maur, il va être exproprié en 1863 pour la construction de l’usine des eaux de la ville de Paris et va se délocaliser en 1865 sur Cosne-sur-Loire, nouvellement desservie par le chemin de fer. Ayant présenté ses productions à toutes les expositions universelles depuis 1855 où il a toujours été récompensé, il a développé son entreprise, ses exportations et embauché de nombreux ouvriers jusqu’à dépasser l’effectif de 400. Il s’est associé avec Charles-Louis Lapareillé, puis avec Gustave Aubert (Manufacture spéciale de limes et d’outils Limet & Aubert).

Il mène parallèlement une active carrière politique : élu en 1869, il fait partie du conseil municipal de Cosne, mais ne soutient pas le plébiscite de mai 1870. Maire (et sous-préfet par intérim) de Cosne le 4 septembre 1870, en profitant du vide administratif suite à l’abdication de Napoléon III, battu aux législatives de 1871, il se fait réélire avec sa liste le 30 avril, après avoir fait incarcérer les meneurs d’une sédition « communarde » cosnoise (dont son ex-contremaître Levasseur licencié après 10 ans de service !) Il reste maire jusqu’en 1874 et devient conseiller général en 1871 avec 27 voix d’avance. Ses ouvriers n’ont-ils pas dit :

« Nous chérissons monsieur Limet,

Qui nous fait fabriquer des limes ;

Au scrutin, chacun l’y met,

Et c’est ainsi que nous l’élîmes. »

Réélu en 1877, il reste au Conseil général jusqu’en 1883, mais doit laisser son siège au socialiste ex-communard Ferdinand Gambon. Battu par l’avoué Eugène Jolivet à la mairie en 1874, il retrouve son siège de 1878 à 1884, puis reste conseiller municipal jusqu’aux élections de 1885. Il s’est vu décerner la Légion d’honneur en 1878 et est décédé à Cosne le 20 février 1898 puis inhumé au Père Lachaise.

Alain Bouthier et Agathe Maugis, « Les établissements de fabrication de matériel agricole de la Nièvre connus pour leur esprit d’innovation (1850-1950) : exemples, les Ets Limet à Cosne-sur-Loire, Pécard à Nevers, etc. », colloque Agriculture et industrie : l’innovation en partage, Guérigny, 2016, à paraitre.