LES CÉLÉBRATIONS DE BOURGOGNE

-1911 ● Décès d’Anna Judic, chanteuse

Née le 18 juillet 1849 à Semur-en-Auxois, Marie-Louise Anne Damien(s) entra au Conservatoire de Paris, dans la classe de Régbier, grâce à son grand oncle, Lemoine-Montigny, directeur du théâtre du Gymnase. Le 25 avril 1867, elle épousa le chanteur Israël dit Judic. Sa carrière débuta au Gymnase le 2 juin 1867 avec Les Grandes Demoiselles, comédie d’Edmond Gondinet. En 1868, elle fut embauchée au théâtre de l’Eldorado dont son mari devint régisseur. Elle connut les succès les plus vifs avec des chansons légères : Comme ça pousse cousin !, Le Trou de la serrure, La Tartine de beurre… À la déclaration de guerre à la Prusse, l’Eldorado ayant fermé ses portes, les Judic partirent en tournée dans les grandes villes de Belgique : Bruxelles, Liège, Anvers. Partout ovationnée, Anna triompha à Bruxelles lorsqu’elle prêta son concours à une œuvre de bienfaisance, La Crèche Marie-Louise. Sa carrière continua brillamment au théâtre de la Gaîté, aux Folies-Bergères, aux Bouffes-Parisiens, aux Variétés. Elle épousa en secondes noces le dramaturge Albert Milhaud (1844-1892) qui écrivit pour elle : Niniche, La Femme à papa, … et Mam’zelle Nitouche. À la mort de Milhaud, en 1892, elle se retira en Bourgogne où elle se consacra à l’agriculture et à l’élevage. Elle possédait à Avallon « La ferme des Nids » qui fut à la Belle Époque un rendez-vous du Tout-Paris. Elle reprit des rôles en 1894 et fit une dernière apparition en 1900 aux Folies-Bergères. Elle aurait servi de modèle à Emile Zola pour le personnage de Rose Mignon dans Nana. Elle mourut à Golfe Juan le 15 avril 1911 et fut enterrée au cimetière de Montmartre. Le Lycée polyvalent régional de Semur-en-Auxois porte son nom.

Henri Mitterrand, "Anna Judic, Semuroise, Avallonnaise et héroïne de Zola", dans Bulletin de la Société d'études d'Avallon, t. 73, 1987-1989, p. 58-65.