LES CÉLÉBRATIONS DE BOURGOGNE

-1813 ● Naissance de Philibert Guettet, hydrothérapeute

Philibert Guettet est né le 30 avril 181 à Perrecy-les-Forges où son père était chapelier. Attiré par la carrière médicale, il dut se créer des ressources en enseignant comme professeur libre ou dans des institutions. Collaborateur du Dr Thibert (né à Seurre en 1811) pour le Musée d’anatomie pathologique, il réalise le moulage sur nature et la correction des pièces. Le 31 décembre 1844, il soutient une thèse qui fit autorité : Déterminer si l’on peut tenter la cure de l’anévrysme du tronc brachio-céphalique : la ligature de cette artère est-elle praticable ?  Thibert décédé l’année suivante, il accepte l’invitation de M. Geoffrey, fondateur de l’établissement hydrothérapique de Lyon, qu’il quittera pour fonder l’Etablissement de Saint-Seine-l’Abbaye, dans l’ancienne maison conventuelle et l’enclos des moines. Au Congrès scientifique de France réuni à Dijon en août 1854, il « recommande à la sollicitude [des participants] les restes de l’ancienne abbaye et en particulier l’église qui aurait besoin de réparations urgentes ». L’hydrothérapie venait juste d’être introduite en France par le médecin allemand Wertheim, à la suite des travaux d’un modeste campagnard en Silésie autrichienne, Vinzenz Priessnitz. Rappelons au passage qu’en 1755, le Dr Raymond, de Marseille, remportait le Prix de l’Académie de Dijon  sur le sujet : « Déterminer la manière d’agir du bain aqueux simple, ses avantages et ses inconvénients par rapport aux différents tempéraments, et en particulier dans quel genre de maladies il peut être utile. » La partie essentielle de ce traitement consiste dans la « sudation par emmaillotement ou en étuve sèche et la douche locale ou les bains froids ». L’une des conditions les plus importantes était l’abondance, la pureté, et une température basse (8°C), constante de l’eau employée, parfaitement remplie à Saint-Seine-l’Abbaye. De nouveaux bâtiments furent construits et il y eut là la station la plus remarquable en France : appareils nombreux et vastes (hommes et femmes séparés), percussion des douches réglable. Une machine en fer poli, placée dans une tourelle, montait aux étages et en descendait les malades privés de l’usage des jambes. On pouvait traiter 200 malades à la fois, 45 résidents. Guettet fit faire divers embellissements, dont un  jardin anglais offrant l’eau sous toutes les formes : bassins, jets, grottes, etc., des salles d’ombrages, un gymnase, un billard, un salon, un kiosque de presse. En 1879, la reine de Hollande, Emma de Waldeck-Pymont, vint en cure et son séjour resta longtemps dans la mémoire des habitants. Outre de nombreux articles sur le sujet, Guettet présenta à l’Académie des sciences en 1850 un mémoire sur les hémomètres, repris par Jules-Etienne Marey. Cette même année, il épouse, à Paris Marguerite Boscheron ; le couple aura deux filles, Isabelle Valentine et Marguerite Célénie. Philibert meurt le 21 janvier 1900. L’Etablissement fut fermé définitivement en 1914 et sa petite-fille, Claire Lemoine, héritière, le vendra en 1940 aux sœurs de la Congrégation de la Providence de st André de Peltre qui établirent une maison d’enfants. La dernière religieuse est partie en 2007. A présent, l’Association Maison d’enfants Jeanne-d’Arc accueille des enfants de 3 à 12 ans, pour des durées variables, 38 internes placés par mesure de protection et 8 externes accueillis sur demande des parents .- MP