LES CÉLÉBRATIONS DE BOURGOGNE

-1762 ● Naissance de Jean-Jérôme Buvée, magistrat

Né le 13 février 1762 à Mirebeau, Jean-Jérôme Buvée commence sa carrière comme avocat au Parlement de Bourgogne. Dès les débuts de la Révolution, il s’engage du côté des Patriotes. En 1790, il est administrateur du district de Dijon, puis administrateur du département de la Côte-d’Or en 1792. Élu aux Cinq-Cents en l’an VI, il est en l’an VIII membre du conseil général de la Côte-d’Or, maire de Mirebeau et juge de paix. Le 15 juin 1807, il est nommé juge au tribunal de première instance de Dijon. Il tarde à se faire installer car la place de président est devenue vacante par le décès de Brillat. Les protestations véhémentes des juges du tribunal n’empêchent pas sa nomination comme président le 9 août 1807. Son ascension ne s’arrête pas là : le 12 décembre 1811, il devient conseiller à la Cour impériale, puis président de chambre le 14 avril 1813. Ses brillantes promotions, il les doit au soutien sans faille que lui apportent les députés Villiers et Lejeas, les conseillers d’État Frochot, Maret et Berlier. À l’arrivée des Autrichiens à Dijon, le 19 janvier 1814, il est de ceux qui tentent de résister. Le 21 février, il fait partie des six otages emmenés à Baume-les-Dames sur ordre du Baron de Bartenstein. Très actif au sein du mouvement fédéré, il démissionne, pour raison de santé, le 9 janvier 1816 de son poste de président de chambre. Il devance ainsi son inéluctable révocation. Les nouveaux chefs de la Cour royale écrivaient de lui : « il n’est pas comme juge foncièrement instruit, mais il a du jugement, de l’esprit et de l’assurance et couvre avec cela son défaut de connaissance en droit. » Il se retire dans son village natal, où il reprend, en 1830, des fonctions de juge de paix, refusant de rentrer à la Cour. Il meurt le 20 janvier 1839.

Chantal Dauvergne, La Cour d'Appel de Dijon (an VIII-1852), Thèse, Histoire du droit, Dijon, 1990.