LES CÉLÉBRATIONS DE BOURGOGNE

1665 ● Naissance de Jean-François Foucquet

Né à Vézelay le 12 mars 1665 dans une riche famille, Jean-François Foucquet fit ses études au Lycée Louis-le-Grand. Entré chez les jésuites en 1681, il fut ordonné prêtre en 1693. Vraisemblablement, il enseigna les mathématiques puis il souhaita partir en mission en Chine. Il arriva à Amoy (aujourd’hui Xiamen dans la province du Fujian), le 25 juillet 1699. Son premier soin fut d’apprendre la langue et il y devint fort habile. Il travailla dans les provinces du Fujian et du Jiangxi (Sud-Est de la Chine), puis il fut appelé à Pékin (Beijing) en 1711 par l’empereur de Chine pour aider Joachim Bouvet (1656-1730) dans l’étude de l’Yi-Jing (Livre des changements : associé à un système de signes binaires utilisés pour faire des divinations, connu de Leibnitz qui trouvait une analogie entre la structure des 64 hexagrammes et son arithmétique binaire). Foucquet est bientôt invité à expliquer les principes de l’astronomie et les mathématiques. Il rédige plusieurs essais sur le figurisme, qui vise à trouver les figures de l’Ancien Testament dans les classiques chinois et se laisse éblouir par l’idée de retrouver les mystères du christianisme dans les caractères symboliques des Chinois, jusqu’à l’extravagance : si le texte indique une montagne de la Chine, elle représente le Calvaire. Ayant refusé d’accepter un confrère, il dut quitter précipitamment la Chine en 1720, emmenant avec lui 1 200 manuscrits, une montagne d’ouvrages et un Chinois nommé Hu Qui, à Paris, se mit à prêcher en chinois en face de l’église Saint-Paul-Saint-Louis, attirant la foule avant d’être interné à Charenton par une lettre de cachet. Afin de présenter ses idées figuriste au Saint-Siège, Foucquet se rendit à Rome. Les succès qu’il avait eus en Chine lui valurent le titre d’évêque d’Éleuthéropolis (Palestine). Il publia, en 1729, en trois feuilles, sa Tabula chronologica historiae Sinicae, où les noms des princes et l’indication des événements les plus frappants sont placés dans des colonnes régulièrement espacées. Mais en 1736, une commission d’enquête dénonça le figurisme, qui fut condamé par la papauté un an après la mort de Foucquet, à Rome, en 1741.- MP

 

John W. Witek, Controversial ideas in China and in Europe : 
a biography of Jean-François Foucquet, S.J., (1665-1741), Rome, Institutum historicum, 1982, 494 p. ; - ID, « Jean-François Foucquet : contreversiste jésuite en Chine et en Europe », La mission française de Pékin aux XVIIe et XVIIIe siècles : actes du colloque international de sinologie, Belles-Lettres, 1976 (« La Chine au temps des Lumières », 2), p. 115-135. Les tribulations de Foucquet et du chinois Hu en France sont rapportées dans l’ouvrage de Dominique Lelièvre, Voyageurs chinois à la découverte du monde, Genève, Olizane, 2004, p. 328-354.