LES CÉLÉBRATIONS DE BOURGOGNE

-1721 ● Naissance de Claude Courtépée, historien voyageur

Septième enfant d’Hugues Courtépée, marchand tanneur, et de Marie Bizouard, Claude Courtépée est né à Saulieu le dimanche 19 janvier 1721 et a été baptisé en la basilique Saint-Andoche le jeudi suivant. Son père étant décédé un an plus tard, l’enfant sera confié à une tante à laquelle il restera très attaché, puis il sera élève du collège de Beaune.

Après des études de droit à la faculté de Dijon, il entre au séminaire d‘Autun, où l’avait précédé son frère aîné, Hugues. Ordonné prêtre, il sera brièvement vicaire à Avallon en 1749, avant de regagner Saulieu en 1751 pour diriger le collège de la ville. Retour en paroisse en 1755, en tant que vicaire de Meursault ; puis il est nommé en 1757 curé de Grésigny, village proche d’Alise-Sainte-Reine. Ce ministère semble avoir pleinement répondu à ses aspirations, dans la mesure où il lui laissait la liberté, « pour se délasser de [sa] solitude », de poursuivre les recherches qu’il avait déjà engagées sur l’histoire et la géographie de la Bourgogne. C’est alors qu’il effectue une première série de voyages en Bourgogne, Champagne et Franche-Comté.

En 1763, à la suite de la réorganisation du collège des Godrans, après l’expulsion des jésuites, il est nommé sous-principal de celui-ci, fonction qu’il va assumer jusqu’à son décès survenu à Dijon le 11 avril 1781. Doué d’un goût inné de la pédagogie, il alterne alors enseignement (il publie pour ses élèves une première version de l’Histoire abrégée du duché de Bourgogne depuis son origine jusqu’à la réunion à la couronne sous Louis XI…), travail dans son bureau, d’où il échange une abondante correspondance avec divers chercheurs, et, au temps des vacances scolaires, voyages à pied, à cheval, en bateau ou en turgotine. Il parcourt ainsi toute la Bourgogne et se rend même en 1769 aux Pays-Bas pour consulter les archives ducales. De ces voyages, il rapporte non seulement des notes puisées dans archives et bibliothèques publiques et privées, mais aussi l’évocation (parfois par de courts poèmes) des hôtes qui l’ont accueilli dans presbytères et demeures urbaines ou rurales.

Féru de géographie autant que d’histoire, il participe par des notes critiques à la réédition, en 1767, du Dictionnaire géographique portatif… de Ladvocat et à celle du Grand dictionnaire géographique, historique et critique de Lamartinière, imprimée en 1768. Et il collabore au supplément de l’Encyclopédie…, pour lequel il aurait fourni en 1774 « douze cents articles de géographie ».

Sa grande œuvre est la Description générale et particulière du duché de Bourgogne, dont les sept volumes parurent de 1775 à 1788, le dernier laborieusement édité longtemps après sa mort, à la veille de la Révolution, si bien que la plupart des exemplaires en furent envoyés au pilon. Une première réédition en quatre volumes, partiellement remaniée, a été publiée en 1847-1848 à l’initiative de Victor Dumay, maire de Dijon, une seconde, à partir de cette dernière, en 1967, avec une préface, des notes et corrections de MM. Pierre Gras et Jean Richard.

Travailleur acharné et homme modeste, Claude Courtépée a été reçu membre associé ordinaire de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon le 9 mars 1780. Guyton de Morveau, vice-chancelier de celle-ci, lui rendit alors hommage en ces termes : « …l’utilité des ouvrages que vous avez publiés vous donne des droits à la reconnaissance de vos compatriotes ». – FV

 

« Notice sur l’abbé Courtépée », Description générale et particulière du duché de Bourgogne, 3e éd. Guénégaud et Avallon, FERN, t. 4, p.769-772 et préf., t. 1, p. I-XIV ; – Anatole de Charmasse, « Voyages de Courtépée dans la province de Bourgogne en 1776 et 1777 », Mémoires de la Société éduenne, t. 19 à 23, 1891-1895, t. à p., Autun, 1895, 223 p. ; Rééd. Épinac, Denis, 2016.