LES CÉLÉBRATIONS DE BOURGOGNE

-1918 ● Naissance d’Albert Meney, instituteur, militant syndicaliste et politique

Né le 13 septembre 1918 à Rouvres-sous-Meilly (Côte-d’Or), orphelin et pupille de la Nation après le décès de son père gazé pendant la guerre, Albert Meney est élevé par sa mère qui tient un petit commerce rural. Placé en internat pour suivre l’enseignement secondaire, il obtient son brevet supérieur. Il adhère au Parti communiste en 1936 et milite au sein des Jeunesses communistes. Il achève son service militaire avec le grade de sergent dans l’armée d’armistice. Il est nommé instituteur à Savigny-sous-Mâlain en 1941 et se marie avec une institutrice.

Il s’engage dans la Résistance, crée une section du Front national (organisation communiste) dans le secteur de Pouilly-Saulieu-Arnay et, avec le maquis « Bayard », participe à la libération de Dijon.

Après la guerre, sa carrière l’amène à enseigner dans différents villages de Côte-d’Or puis à Dijon. Il adhère en 1946 au groupe d’Éducation nouvelle et applique les méthodes d’éducation active, en particulier les techniques préconisées par Célestin Freinet. Il deviendra maître d’une classe de l’école d’application de l’École normale d’instituteurs de Dijon puis son directeur.

Albert Meney milite, dès sa reconstitution dans la clandestinité en 1943, au Syndicat national des instituteurs et, après la Libération, exerce différentes responsabilités tant au plan départemental où il est élu secrétaire général de la section de Côte-d’Or de 1966 à 1973 qu’au niveau national où il défend des positions laïques résolues.

Parallèlement, fidèle à son engagement politique, Albert Meney occupe des fonctions locales au sein du Parti communiste, surtout dans les organisations d’enseignants. Son militantisme social et pour l’éducation populaire le conduira à œuvrer, y compris après sa retraite, au sein de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale, de la Mutuelle accidents élèves, de la Fédération des Œuvres laïques ou de l’Université pour tous de Bourgogne.

Au-delà de ses convictions syndicales et politiques, Albert Meney a mis toute sa vie au service d’un idéal dont le fondement est à l’école laïque, ainsi qu’il l’écrit :

« L’école émancipatrice parce qu’émancipée est le lieu de l’émergence de l’homme libre, car maître de sa propre pensée. En cela, l’école laïque est celle de la liberté, sachant faire la distinction entre croire et savoir, entre conviction et connaissance. » Il décède à 96 ans, le 21 février 2015.

Albert Meney, Itinéraire d’un jeune orphelin rural, préf. Pierre Lévêque, 2 vol. l’a., 1999 et 2002 ; - Jacques Girault, notice Marc Albert Meney : http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article142845.